Avant toute démolition ou rénovation significative d’un bâtiment important, le maître d’ouvrage doit faire établir un diagnostic portant sur les produits, équipements, matériaux et déchets (PEMD), puis rendre compte de la gestion effective de ces éléments à l’issue du chantier. Ce dispositif, souvent connu tardivement, conditionne le calendrier de l’opération. Rappel des points de vigilance.

Quelles opérations sont concernées ?

Le diagnostic PEMD s’applique aux opérations de démolition ou de rénovation significative de bâtiments dans deux situations, selon le ministère de la Transition écologique :

Le régime trouve son origine dans l’article 51 de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 (loi AGEC), codifié aux articles L. 126-34 et L. 126-35 du Code de la construction et de l’habitation (CCH). Les dispositions réglementaires figurent aux articles R. 126-8 à D. 126-14-2 du CCH, et l’arrêté du 26 mars 2023 en précise l’application, en abrogeant l’arrêté du 19 décembre 2011.

Une obligation qui incombe au maître d’ouvrage, avant l’engagement des travaux

La responsabilité du diagnostic repose sur le maître d’ouvrage. Il doit être réalisé avant le dépôt de l’autorisation d’urbanisme ou de la demande d’autorisation de travaux en établissement recevant du public lorsqu’elle est requise, et à défaut avant l’acceptation des devis ou la passation des marchés.

En pratique, l’erreur la plus fréquente consiste à le commander une fois les entreprises consultées : il ne peut alors plus orienter le DCE ni nourrir le calendrier de dépôt des autorisations. Une démarche d’assistance à maîtrise d’ouvrage sur le diagnostic PEMD et l’économie circulaire permet d’intégrer ces contraintes dès la programmation.

Ce que doit contenir le diagnostic

Le diagnostic renseigne les produits, équipements, matériaux et déchets attendus, avec une priorité donnée au réemploi, puis à la valorisation. Il identifie les filières recommandées, prévoit le cas échéant des analyses complémentaires pour vérifier qu’un élément est réemployable, formule des orientations de traçabilité et, lorsque ni réemploi ni valorisation ne sont possibles, indique les modalités d’élimination.

Il est établi sur le formulaire CERFA n° 16287*01, dont l’usage est imposé par l’arrêté du 26 mars 2023. Les déchets d’amiante, les terres excavées et les sédiments sont exclus de ce périmètre et relèvent d’autres dispositifs de suivi (Trackdéchets et RNDTS). Le repérage amiante demeure donc une démarche distincte, qu’il convient de coordonner avec le diagnostic PEMD.

Transmission et récolement en fin de chantier

Le diagnostic doit être transmis au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), de préférence par la plateforme PEMD, ou à défaut par courriel à l’adresse indiquée par le ministère. À l’issue des travaux, le maître d’ouvrage établit le formulaire de récolement (CERFA n° 16288*01), qui retrace la nature et les quantités d’éléments réemployés, réutilisés, recyclés, valorisés ou éliminés, ainsi que les entreprises et centres de dépôt, pièces justificatives à l’appui. Ce document est à transmettre dans un délai de 90 jours après l’achèvement des travaux.

Il est donc recommandé de prévoir dans le CCTP et les marchés de travaux l’obligation, pour les entreprises, de fournir les bordereaux et justificatifs nécessaires au récolement.

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