Depuis le 1er février 2023, le plan de démolition, de retrait ou d’encapsulage d’amiante se dépose sur une plateforme dématérialisée, au moins trente jours avant le démarrage des travaux. Pour un maître d’ouvrage, ce délai n’est pas une formalité de l’entreprise : il pèse directement sur le planning, le phasage et les pénalités éventuelles.

Ce que prévoit le Code du travail

Le plan de démolition, de retrait ou d’encapsulage (PDRE) est encadré par les articles R. 4412-133 et suivants du Code du travail. Il est établi par l’employeur, c’est-à-dire l’entreprise de désamiantage, sur la base de l’évaluation des risques. L’article R. 4412-133 en fixe le contenu : vingt rubriques, parmi lesquelles la localisation de la zone à traiter, les quantités d’amiante, les procédés mis en œuvre, le programme de mesures d’empoussièrement, les équipements de protection et de décontamination, la gestion des déchets, le bilan aéraulique prévisionnel et la liste des travailleurs.

Ces dispositions sont applicables dans leur rédaction issue du décret n° 2022-1748 du 30 décembre 2022, en vigueur depuis le 1er février 2023.

Un dépôt obligatoire sur DEMAT@MIANTE, trente jours à l’avance

Aux termes de l’article R. 4412-137, le plan est transmis via la plateforme DEMAT@MIANTE « trente jours au moins avant la date de démarrage des travaux ». Les destinataires sont l’agent de contrôle de l’inspection du travail compétent pour le lieu des travaux et les organismes de sécurité sociale (Carsat, Cramif). Le plan est également adressé, le cas échéant, à l’OPPBTP, ainsi qu’aux organismes certificateurs concernés.

L’horodatage réalisé par la plateforme lors de la transmission fait courir le délai. En cas d’urgence liée à un sinistre, ce délai est ramené à huit jours. Cette dérogation vise une situation précise ; elle ne couvre pas un retard de préparation ou une opération simplement mal anticipée.

Conséquences pour le maître d’ouvrage

Concrètement, la date de démarrage inscrite à l’ordre de service ne peut pas être antérieure de moins de trente jours au dépôt du plan. Il en découle plusieurs points de vigilance :

Un maître d’ouvrage qui intègre ce délai dès le DCE, dans le planning prévisionnel et dans le CCTP, évite les arrêts de démarrage et les litiges sur les causes de retard. Le suivi par une maîtrise d’œuvre amiante et plomb permet de contrôler la cohérence entre le plan, le repérage et les pièces contractuelles avant le dépôt.

Bonnes pratiques de planification

Trois réflexes simplifient l’opération. D’abord, rétroplanifier : partir de la date de livraison souhaitée, remonter la durée du chantier, puis les trente jours de dépôt, puis le délai de remise du plan par l’entreprise. Ensuite, prévoir au marché une échéance de remise du projet de plan, distincte de la date de démarrage, afin de laisser le temps de la relecture. Enfin, vérifier que le plan transmis correspond bien à la dernière version du repérage et du programme de travaux : un écart entraîne un avenant, donc du délai.

À retenir

Pour toute question, l’équipe AM Ingénierie reste à votre disposition.