Les points à retenir

Un an à peine après le passage du coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9, le Gouvernement remet l’ouvrage sur le métier : un projet d’arrêté, soumis à consultation publique du 9 juillet au 6 août 2026, prévoit de l’abaisser à 1,7 au 1er janvier 2027. En parallèle, le ministre du Logement a annoncé le 15 juillet 2026 la création d’une lettre « confort d’été » au sein du DPE. Deux évolutions qui concernent directement propriétaires, bailleurs et syndics.

Un coefficient de conversion abaissé pour la deuxième fois en deux ans
Depuis la réforme du DPE entrée en vigueur le 1er juillet 2021, la méthode de calcul conventionnelle repose sur un facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire, dit « PEF » (Primary Energy Factor). Pour l’électricité, ce facteur était historiquement fixé à 2,3.
L’arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel du 26 août 2025, l’a abaissé à 1,9 à compter du 1er janvier 2026, afin d’aligner la méthode française sur la valeur de référence européenne et de mieux refléter la décarbonation du mix électrique national.
Le projet d’arrêté mis en consultation publique du 9 juillet au 6 août 2026 par le ministère de la Transition écologique franchit une étape supplémentaire : le PEF de l’électricité serait fixé à 1,7, avec une application prévue au 1er janvier 2027. L’objectif affiché est de soutenir l’électrification des usages dans le bâtiment, en cohérence avec le plan d’électrification du Gouvernement. La consultation a recueilli 99 contributions ; le texte définitif reste à paraître au Journal officiel.

Quels effets concrets sur les étiquettes DPE ?
Mécaniquement, la baisse du coefficient réduit la consommation d’énergie primaire conventionnelle des logements chauffés à l’électricité (effet Joule, pompes à chaleur, chauffe-eau électriques), sans aucun travaux. Une partie du parc électrique gagnerait ainsi une classe énergétique, et certains logements sortiraient du statut de « passoire énergétique » (classes F et G), avec des conséquences directes sur les interdictions de location issues de la loi Climat et Résilience.
Point important prévu par le projet de texte : les propriétaires disposant déjà d’un DPE n’auront pas à en faire réaliser un nouveau. À compter du 1er janvier 2027, une attestation officielle de nouvelle étiquette pourra être téléchargée gratuitement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, à partir du numéro du DPE existant. Cette attestation remplacera l’étiquette initiale et pourra être produite lors d’une vente ou d’une mise en location. Le même dispositif s’appliquera aux audits énergétiques réglementaires, dont la méthode de calcul est identique, notamment pour les dossiers MaPrimeRénov’ déposés à compter du 1er janvier 2027.

Une lettre « confort d’été » annoncée pour compléter le DPE
Second chantier : lors des questions au Gouvernement du 15 juillet 2026, le ministre de la Ville et du Logement a annoncé la mise en place « dans quelques semaines ou mois » d’un « DPE confort d’été ». Le DPE serait « réécrit » pour intégrer une lettre ou indication spécifique évaluant le comportement du logement en période de forte chaleur.
Cette annonce intervient après les vagues de chaleur successives de juin et juillet 2026. Le DPE actuel comporte certes une mention informative du confort d’été, mais sans incidence sur l’étiquette. Selon une étude du bureau d’études Pouget Consultants publiée en juin 2026, à peine 10 % des logements présenteraient un confort d’été jugé « bon », et près de la moitié un niveau « insuffisant ». Le contenu précis du dispositif (indicateur, méthode, opposabilité) n’est pas encore arrêté ; les textes d’application sont attendus dans les prochains mois.

Ce que cela implique pour les maîtres d’ouvrage, bailleurs et syndics
Pour les bailleurs, sociaux comme privés, la révision du coefficient invite à réinterroger la programmation des travaux : un logement électrique classé F aujourd’hui peut basculer en E au 1er janvier 2027 sans intervention, ce qui modifie les priorités de rénovation et les obligations locatives. Attention toutefois : l’amélioration d’étiquette par effet de calcul ne réduit ni les consommations réelles ni les factures des occupants — la performance intrinsèque du bâti reste inchangée.
Pour les copropriétés et leurs syndics, les DPE collectifs et audits en cours conservent leur validité ; l’attestation ADEME permettra une mise à jour sans nouveau diagnostic. Pour les opérations de vente ou de mise en location programmées début 2027, il peut être pertinent d’intégrer ce calendrier dans la stratégie patrimoniale.
Enfin, la future lettre « confort d’été » devra être suivie de près : elle pourrait rebattre les cartes pour les logements sous combles, fortement vitrés ou situés en zone urbaine dense, et orienter les futurs bouquets de travaux (protections solaires, ventilation, isolation de toiture).

À retenir
Ce que cela change pour vous : le coefficient électricité du DPE passerait de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027 (projet d’arrêté, consultation close le 6 août 2026) ; les DPE et audits existants seront actualisables gratuitement via une attestation ADEME, sans nouveau diagnostic ; certains logements électriques sortiront du statut de passoire énergétique par simple effet de calcul ; une lettre « confort d’été » viendra compléter le DPE dans les prochains mois. Avant d’engager ou de reporter des travaux de rénovation énergétique, une analyse au cas par cas du calendrier réglementaire s’impose.


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